Jeudi 12 Juin 2014

Cherchez l’erreur !

C’est très comique, non ?

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Dimanche 8 Juillet 2007

Pourquoi donc le franglais est-il aussi vulgaire ?

J'écoutais l'autre jour une émission sur France Culture consacrée à l'encyclopédie en ligne Wikipédia, dont l'édition française est devenue incontournable (plus de 500 000 entrées). C'était passionnant. On y montrait en particulier en quoi ce corpus constitue tout à la fois un formidable moyen d'acquisition de connaissances et un danger potentiellement terrible pour la culture, lorsque par exemple des réseaux idéologiquement douteux s'inflitrent pour écrire des énormités qui sont ensuite reprises par des collégiens encore peu en mesure de comprendre où on tente de les mener. C'est que le véritable savoir s'acquiert en apprenant progressivement à faire le tri, à mettre les informations en regard, à sentir l'idéologie sous-jacente à ce que l'on est en train de lire.

Malgré tout, j'avoue que ce qui m'a le plus marqué, c'est la vulgarité stupide de quelques-uns des intervenants. C'est dommage, car c'était par ailleurs réellement intéressant, et j'ai tendance à croire qu'un projet comme Wikipédia pourrait bien transformer le rapport des civilisations occidentales à la culture. Je laisserai ce sujet de côté pour l'instant, me contentant de tenter d'expliquer ce qui m'a déplu. Voici l'affaire :

L'un des invités, une administratice du projet Wikipédia français, parlait des études qui ont été menées concernant le nombre d'erreurs des rubriques scientifiques du projet, et dont les résultats montrent de manière surprenante que le taux d'erreur n'est pas tellement plus important que celui de l'encyclopédie Britannica. Alors qu'elle citait ses sources, elle mentionna au beau milieu d'une phrase la revue “nètcheur”. C'était dit avec un naturel déconcertant, sans même nous faire la grâce d'un tout petit arrêt, ou encore d'un infléchissement minime du débit qui nous aurait prévenu qu'il s'agissait maintenant de tendre l'oreille pour saisir un nom compliqué. Bref, il était évident que __tout le monde__ devait savoir ce dont il s'agissait, à moins d'être sot ou ignare. Je me range volontiers dans la deuxième catégorie, mais en fait peut-être la première me convient-elle aussi : j'ai en effet la très mauvaise habitude d'essayer en général de comprendre ce que l'on me raconte. J'ai donc malheureusement perdu le fil pendant quelques secondes, essayant sans m'en rendre compte de savoir si je connaissais la publication dont il était question. Une chance cependant, notre dame prononça une nouvelle fois le mot inconnu, cette fois de manière légèrement différente : “nèyetcheure”. Ouf ! sauvé, ce coup-ci ma cervelle mal en point fit le lien avec le magazine scientifique anglophone “Nature”. Mais c'était trop tard, on avait changé de sujet.

L'interlocuteur de notre brillante franglophone, ressentant probablement le besoin de montrer qu'il était aussi un lecteur assidu de la revue (à moins qu'il n'ait achoppé comme moi ?), se sentit obligé de répéter immédiatement le terrible mot : on eut donc droit à un magnifique “nèilletcheur”, légèrement meilleur que les deux précédents. Jugez plutôt : ce Monsieur avait non seulement sauvé la face, mais il avait du même coup prouvé qu'il faisait partie de la nouvelle oligarchie mondiale, celle qui n'a plus besoin de recourir au français pour lire les publications scientifiques. Pensez donc, quelle fierté de pouvoir montrer qu'on connaît mille mots de l'ignoble “globish”, ce mensonge qui voudrait faire croire que le monde entier peut communiquer de manière équitable. Mille mots, à peine trois fois plus que le vocabulaire moyen d'un toutou bien dressé. Que cette personne essaie seulement d'avoir une conversation avec un vrai anglophone, et elle verra à quel point elle est en situation d'infériorité. Quant à notre petite dame, ses chances de se faire comprendre en prononçant “nètcheur” dans un pays de langue anglaise sont à peu près nulles. Elle ferait mieux de prononcer à la française, cela lui éviterait au moins d'être ridicule.

En réalité, je crois bien que j'ai eu tort de m'emporter pendant la première partie de l'émission, car le pire était à venir. On eut droit vers la fin à des perles, du “ouèbe” au “pirtoupire” (pire que quoi ?) - tous des mots qui ont un équivalent exact en français - sans oublier le feu d'artifice final : une troisième personne prononça “niouzemagazinnze”, et je me demandai aussitôt de quel protocole de production d'information en ligne il s'agissait. Mauvais réflexe, en fait il fut plutôt question du “Point” et de “l'Express”… Moi j'ai toujours cru qu'on appelait ça des hebdomadaires d'information, mais je suis sans doute horriblement ringard. N'empêche que lui, avec ses “niouzes”, il serait plutôt “nase”.

Il est probablement trop tard pour sauver le français en tant que langue internationale, même s'il a pour le moment de beaux restes. Après tout, il n'y a aucune raison que ce soit une langue plutôt qu'une autre qui serve de moyen de communication, et c'est pour cela que j'ai décidé d'investir l'espéranto, une langue fantastique et économiquement bien plus viable que l'anglais (ce sera l'objet d'une prochaine lettre). Que notre toutou amélioré de tout à l'heure apprenne 500 mots d'espéranto, et il sera en mesure de communiquer de manière incroyablement plus efficace qu'avec ses mille mots d'anglais lyophilisé.

En attendant, il est encore temps de sauver le français comme langue nationale, même si c'est plutôt mal parti. Il faudrait pour cela que les gens prennent exemple sur nos amis du Québec, eux n'hésitent pas à créer des mots lorsqu'ils en ressentent le besoin. Mais il est tellement plus simple de se moquer bêtement de leur accent, ça évite de se sentir soi-même menacé…

That's all folks!

P.S : Pour ceux que ça intéresse, voici un amusant lexique franglais/français. Si certaines entrées font sourire ou sont même parfois ridicules, d'autres sont vraiment ingénieuses.

Vendredi 6 Juillet 2007

Histoires de toucher perlé et autres perles d’un journal indépendant

On a appris récemment que les orgues de Saint-Pierre de Neuilly ont enfin été restaurées. Après le concert d'inauguration, un journaliste dont le nom mériterait de passer à la postérité a visiblement été impressionné par l'agilité de l'organiste, l'excellent Philippe Sauvage. Je cite :

Philippe Sauvage […] qui nous a régalés avec ses interprétations musicales (tacata de Bach en Ré mineur, etc.) … …les 1000 auditeurs […] ont pu admirer les mains et les pieds de l'organiste trop souvent isolé en haut de sa tribune.

Gageons en tout cas que M. Sauvage a su maîtriser l'acoustique de l'église, en trouvant un toucher clair et ar-ti-cu-lé…


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Mercredi 27 Juin 2007

Un grand génie, qui chante mieux chaque année…

On dit en Argentine, où Carlos Gardel est diffusé une heure chaque jour sur Radio Tango, qu'il “chante chaque année encore mieux”.

C'est vrai qu'on ne se lasse jamais de l'entendre. Quelle voix ! Et quel talent d'interprétation : jamais deux fois la même inflexion, et pourtant il est immédiatement reconnaissable. C'est toujours construit tout en donnant l'impression d'être improvisé. Ah, on savait chanter dans les 30… Pourquoi ne fait-on plus que des choses médiocres aujourd'hui ? Les gens piratent des millions et des millions de mégaoctets de “chansons”, on n'a jamais autant communiqué, et pourtant…

C'est ce qu'on appelle le creux de la vague, je crois. En attendant, une petite merveille :

Et en plus ce Monsieur était français de naissance, si si !

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POR UNA CABEZA
Carlos Gardel
Alfredo Le Pera

Por una cabeza de un noble potrillo
que justo en la raya afloja al llegar
y que al regresar parece decir:
No olvides, hermano, vos sabes, no hay que jugar…

Por una cabeza, metejon de un dia,
de aquella coqueta y risue a mujer
que al jurar sonriendo, el amor que esta mintiendo
quema en una hoguera todo mi querer.
Por una cabeza
todas las locuras
su boca que besa
borra la tristeza,
calma la amargura.

Por una cabeza
si ella me olvida
que importa perderme,
mil veces la vida
para que vivir…

Cuantos desenga os, por una cabeza,
yo jure mil veces no vuelvo a insistir
pero si un mirar me hiere al pasar,
su boca de fuego, otra vez, quiero besar.

Basta de carreras, se acabo la timba,
un final re ido yo no vuelvo a ver,
pero si algun pingo llega a ser fija el domingo,
yo me juego entero, que le voy a hacer.

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Juste pour une tête
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Juste pour la tête d'un poulain racé
Qui, près de la ligne, flanche à l'arrivée
Et qui, revenant, a l'air de me dire
N'oublie pas, mon vieux, tu sais bien, il ne faut pas jouer…

Juste pour une tête, toquade d'un jour,
De cette coquette et moqueuse femme
Qui jure en souriant son mensonge d'amour
J'ai brûlé ma passion comme sur un bûcher.

Juste pour une tête,
Toutes les folies
Ses baisers, sa bouche
Effacent la tristesse,
Calment l'amertume.
Juste pour une tête,
Si elle m'oublie
Qu'importe de perdre
Mille fois la vie
À quoi sert de vivre…

Tant de déceptions, juste pour une tête
J'ai juré mille fois de ne pas insister
Mais si son regard me brûle au passage,
Ses lèvres de feu m'attireront encore.

J'abandonne le turf, le jeu c'est fini,
Je ne veux plus jamais perdre sur le fil,
Mais si j'ai un tuyau bien sûr pour dimanche,
Je le jouerai gagnant, pas d'hésitation !

(T) F. Hatem

Lundi 25 Juin 2007

Un générateur de “Foire aux Questions”

J'ai dû dernièrement compiler quelques questions/réponses dans un fichier d'aide pour aider les étudiants du conservatoire sur les postes que j'ai installés sous GNU/Linux.
J'ai donc cherché sur la toile des générateurs de “faq” automatique afin de m'aider dans cette tâche.
À ma grande surprise, il ne semble pas y avoir grand-chose, je me souvenais pourtant d'avoir vu passer des logiciels il y a quelques années.
J'ai trouvé un script python, faqtor, qui fait des jolies faq, mais alors au niveau internationalisation et localisation, bonjour… J'ai commencé par faire un programme .c qui encodait les caractères en ascii puis les remettait ensuite, pour s'amuser un peu avec les fonctions dites “larges” de la bibliothèque C, mais ça ne m'allait toujours pas.
Si quelqu'un se souvient d'un autre programme, je suis preneur, je me souviens d'un “faq generator” ou je ne sais quoi.

En attendant, j'ai fait un petit script bash de mon cru, pas rapide bien sûr, bash oblige, mais me semble-t-il pas trop mal fait. Ce qui me plaît dans mon histoire c'est le format utilisé, pas de xml, on fait un fichier texte en mettant juste un marqueur configurable au début des lignes, genre “Q:”, “R:”, “S:” pour “section”, “question”, “réponse”, et on indente pour écrire sur plusieurs lignes.
En soumettant ceci on obtient ça.
J'ai repris le système de faqtor, c'est pas très joli, mais c'est efficace.

Je ne sais pas si ce script, qui répond au doux nom de “fakilo” (”outil à faq”, en espéranto), peut être utile à d'autres que moi, mais le cas échéant j'en ferai un paquet debian, si on me le demande.
Je me suis amusé à mettre tous les noms de variables en esperanto. Mon dieu ce que ça sonne plus honnête que l'anglais omniprésent. Je n'ai pas l'impression de me vendre à l'ennemi… Et du coup j'ai d'autant plus de plaisir à lire Faulkner dans le texte… A bon entendeur salut !

P.S : version temporaire de mon script

P.P.S : Comment dit-on “script” en français ? Marre du franglais, osons être créatifs…